[] Archimia

vendredi 22 juillet 2016

Le caillou


Dans les Ardennes, il y a aussi l'Ardenne.
Le massif, je veux dire. Le caillou.
Là où, bien évidemment, les légendes consolident le paysage.
Le Roc de la Tour, Monthermé (08)


Ici, on comprend mieux pourquoi ce pays est vieux,
Usé, érodé,
Comment il a perdu toutes ses ambitions de montagne,
Comment, au fil du temps, il s'est résigné, patiné.

Le Roc de la Tour, Monthermé (08)
Ici,
Bien au-dessus de la toute puissante Meuse,
Qui a sculpté avec autorité tant de méandres,
Autant dans le paysage que dans le cœur des hommes qui le traversent.


Alors, de temps en temps,
Lorsque le silence pesant est troublé
Par les tintements de vie des bruits de la vallée,
On ressent l'Ardenne comme un océan,
Immuable,
Et on repense à ces vers de Rimbaud :
"L'éternité, c'est la mer mêlée au soleil" ...

mardi 19 juillet 2016

La leçon de La Dauphinée



C'est une histoire un peu particulière que je voulais  conter ce matin.
Imagine.


En pleine forêt ardennaise, perdu en haut d'un coteau : un village ... à quelques kilomètres au-dessus de la vallée laborieuse, cinq ou six maisons, abritant une microsociété, avec ses règles, bien à elle, presqu'une secte ...

"La Dauphinée" (c'était son nom) a rassemblé là jusqu'à 23 habitants en 1899, regroupés sur quelques familles : les Brouet (cultivateurs), les Doudoux (cloutiers), les Villeval (fabricants de balais de "boule") et , la plus grosse, les Bourguignon (menuisiers ébénistes très réputés dans la région, spécialisés notamment dans les buffets ardennais) ...




De secrets de famille en secrets de fabrication, de règles établies sous l'autorité des aïeuls, fermant une à une toutes les portes de l'échange, et sous l'égide d'un culte des morts omniprésent, une véritable méfiance de l'Autre s'établit ici au fil des années.

Peu à peu, les habitants de la Dauphinée, périrent sans être remplacés, ou même quittèrent le lieu, jusqu' à ce qu'il n'en reste plus qu'un : Charles Bourguignon, qui quitta sa maison en octobre 1955, pour aller mourir à l'hospice quelques mois plus tard, à l'âge de 70 ans.


Depuis, le chant des oiseaux a repris ses droits,
Et je me disais,
En traversant les ruines avant-hier,
Que c'était une belle leçon pour nous,
A méditer,
Par ces temps certes troublés,
Où l'on aurait un peu vite tendance à exclure
Tout ce qui ne nous ressemble pas ...


Pour ceux que le sujet passionne, voici deux liens pour approfondir : ici et

samedi 16 juillet 2016

Cauchemars



Lentement, l'ombre de nos peurs communes,
Recouvre nos maisons.
Alors se font le froid, la nuit, le silence.
Et dans ce silence hurlent colère et stupidité :
Colère, de savoir qu'on ne pourra pas l'empêcher d'arriver,
Et stupidité de prétendre qu'on pourrait l'éviter.


mardi 12 juillet 2016

La classe !




Ah ! Ces normands, quand même !
Penser à décorer le faîte des toits,
Avec de la couleur, des motifs,
Des sujets, parfois même,
Chats, oiseaux, colombes,
Tout est bon dans la faitière à dentelles ...



Repenser notre quotidien et le rendre beau, attractif, surprenant,
C'est rendre de la lumière à notre ordinaire
Superbe !

mardi 5 juillet 2016

Les oubliées


Gare d'Olly (08)

Dans le souffle léger du vent et le chant des oiseaux,
Difficile d'imaginer,
Le sifflet et le vacarme des freins,
La vapeur et les fumées âcres,
Les quais, les voyageurs, les valises.


Maintenant, les arbres, tout autour les protègent,
Ces gares d'antan, délaissées, oubliées ou perdues.
Et d'une certaine façon,
Elles relient leur histoire à notre géographie,
Ce qu'elles représentaient à ce qu'on est devenu.


Gare de Chagny (08)

Aujourd'hui, les rares visiteurs sont venus par hasard,
Ils repensent attendris  au sort du tortillard,
Puis, dans leur belle auto, enfournant les moutards,
Ils rentrent à la ville sans prendre de retard,
Evitant les bouchons qui les rendent furibards,
Secrètement heureux de se sentir veinards ...

 

dimanche 3 juillet 2016

Comptine


C'est la comptine du dimanche matin :
Virée en vélo sur petit chemin,
Fait un peu frais, mais on est bien,
On est tout seul : pas de turbin,
J'entends une cloche, dans le lointain,
C'est soit Sapogne, soit Saint-Martin,
Après l'virage, ça descend bien,
Tiens, v'là du monde près du patelin,
Pays de lapins, Pays de rien ...



vendredi 1 juillet 2016

Les vacances


Aujourd'hui premier juillet, temps maussade, bruine ...
Ca me fait irrésistiblement penser au vacances,
Mais pas n'importe lesquelles,
Celles de la chanson de Jonasz :
"Les vacances au bord de la mer"

Ce subtil mélange de souvenirs et de mélancolie,
Où l'on est quand même heureux d'être là,
Mais un peu triste cependant,
Sans trop savoir pourquoi.



Vous savez : cet espèce de spleen permanent
Qui accompagne si souvent l'adolescence,
Un peu comme une page qui se tourne,

Tout doucement.


La comparaison avec la chanson s'arrête là,
Car en ce qui me concerne,
On passait rarement des vacances à la mer,
Mes parents préférant la montagne,
Et moi, je m'en fichais bien,
Pourvu qu'on soit bien loin d'ici ...


Et puis, contrairement à la chanson,
Même si je viens d'un milieu de classe moyenne,
Je n'ai jamais connu de vacances,

Où "on pouvait déjà plus"...

Qu'importe,

Plus tu vieillis, plus les souvenirs se déforment,
Et plus tu t'en accommodes,
Et ça fait maintenant déjà pas mal d'années ...


Alors oui,

Les vacances,
A zuydcoote où ailleurs ...